ACCUEIL MISSIONS PLAN D'ACCÈS CONTACT



GRAVIR CONSEIL
11, rue des Trois Capitaines
26400 CREST
Tél. 04 75 25 79 26
Fax : 04 75 25 79 23
fabienne.granon@gravir.fr







    ARCHIVES >  FISCAL > IMPÔT SUR LE REVENU

 
Le rescrit fiscal pour les associations
En cas de doute, toute association peut interroger l’administration sur l’application d’une règle fiscale au regard de sa situation. Présentation de cette procédure de « rescrit » qui permet de limiter les risques de redressement en obtenant une prise de position.
Deux types de rescrit

Les associations peuvent être amenées à utiliser deux types de rescrit en matière fiscale.

Le rescrit général est destiné aux associations qui s’interrogent sur le caractère lucratif ou non de leur(s) activité(s) et qui souhaitent savoir, en conséquence, si elles sont soumises aux impôts commerciaux (impôt sur les sociétés, TVA et contribution économique territoriale).

Quant au rescrit spécifique au mécénat, il permet aux associations de s’assurer qu’elles peuvent délivrer des reçus fiscaux au titre des sommes qu’elles reçoivent afin que leurs donateurs puissent bénéficier d’une réduction d’impôt. Rappelons que sont concernés les organismes d’intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial ou culturel ou ceux concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.

Précision : une association qui émet irrégulièrement des reçus fiscaux encourt une amende égale au produit du taux de la réduction d’impôt et des sommes indûment mentionnées sur le reçu ou, à défaut d’une telle mention, au montant de la réduction d’impôt obtenue à tort.

Formuler une demande

La demande de rescrit est à adresser à la direction des impôts du siège de l’association.

Une demande écrite

Votre demande de rescrit doit être formulée par écrit. Elle doit comporter, entre autres mentions, l’identification de l’association (nom, adresse, téléphone, e-mail) ainsi qu’une présentation précise, complète et sincère de sa situation afin que l’administration puisse se prononcer en toute connaissance de cause, sans oublier le texte fiscal sur lequel se base la demande.

Cette demande doit être adressée par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) à la direction des impôts du siège de l’association, ou faire l’objet d’un dépôt contre décharge. À noter qu’il existe un correspondant spécialement dédié aux associations dans chaque direction départementale des finances publiques.

Important : la bonne foi de l’association sera remise en cause si vous saisissez, pour une même demande, plusieurs services de façon simultanée ou successive, sans en informer expressément chacun d’entre eux. Cette démarche, analysée comme visant à obtenir plusieurs prises de position, est considérée comme abusive par l’administration.

De la prudence

Il peut, dans certains cas, se révéler utile de sécuriser votre situation par le biais du rescrit fiscal. Certains organismes (CCI, DRAC) conditionnent même leurs actions de mécénat à l’obtention préalable par l’association qui les sollicite d’un rescrit favorable de l’administration fiscale.

Mais méfiez-vous, car avec le rescrit, vous attirez l’attention de l’administration et vous prenez le risque de recevoir une réponse négative conduisant à l’assujettissement de votre association aux impôts commerciaux ou à l’impossibilité pour elle d’émettre des reçus fiscaux. Solliciter l’avis de l’administration est loin d’être anodin.

Conseil : une réflexion, en amont, sur l’opportunité de recourir au rescrit fiscal est donc indispensable.

Le délai de réponse

Il appartient à l’administration de répondre dans un certain délai.

L’administration fiscale dispose d’un délai de 3 mois pour répondre à une demande de rescrit général et de 6 mois lorsqu’il s’agit d’un rescrit mécénat. Ce délai commençant à courir à compter du jour de la réception de la demande par le service compétent.

À noter : si votre demande est incomplète, l’administration peut vous adresser, par lettre recommandée avec avis de réception, un courrier afin d’obtenir des renseignements complémentaires. Dans ce cas, le délai se décompte à partir du jour de la réception de ces compléments d’information.

Le défaut de réponse de l’administration, dans le délai imparti, à une demande de rescrit général ne vaut pas accord tacite de sa part. Seule une réponse expresse pouvant l’engager. À ce titre, les courriers électroniques peuvent constituer, sous certaines conditions, une prise de position formelle.

En revanche, l’absence de réponse dans le cadre d’un rescrit mécénat vaut accord tacite. Une fois le délai expiré, l’association peut alors commencer à émettre des reçus fiscaux. Mais attention, car l’administration peut remettre en cause cet accord tacite pour l’avenir en répondant négativement à la demande au-delà du délai de 6 mois.

Précision : l’amende fiscale pour délivrance irrégulière de reçus fiscaux s’applique alors pour la période postérieure à la date de réception par l’association de la réponse de l’administration.

La portée du rescrit

L’administration est liée par l’avis donné dans le rescrit.

La prise de position obtenue par l’association engage l’administration, ce qui limite son droit de remettre en cause la situation fiscale de l’association. Autrement dit, l’administration ne pourra pas procéder à un redressement. Pour cela, l’association doit, bien entendu, être de bonne foi. Ce qui suppose, selon l’administration, qu’elle se soit conformée à la solution retenue dans le rescrit et que sa situation soit strictement identique à celle sur laquelle elle a répondu. Attention donc si cette situation évolue. Une association peut être considérée comme non concurrentielle au titre d’une année N, puis se trouver dans une situation de concurrence l’année suivante, en N + 1.

À savoir : l’administration peut modifier sa position. Un changement qui ne vaut alors que pour l’avenir, et après en avoir informé l’association. La garantie offerte par le rescrit peut également prendre fin lorsque la législation évolue.

Lorsque la réponse de l’administration ne vous satisfait pas, vous pouvez, dans les 2 mois suivants, la contester et solliciter un second examen de votre demande. Cette nouvelle demande de rescrit doit être adressée au service des impôts à l’origine de la réponse initiale, selon les mêmes modalités. Et cette fois, c’est une formation collégiale qui examinera votre situation. Toutefois, vous ne pourrez pas invoquer d’éléments nouveaux. Vous pouvez demander à être entendu par le collège, sous réserve de l’avoir expressément mentionné dans votre courrier. L’occasion de mieux présenter votre dossier et d’apporter un nouvel éclairage.

Si la seconde réponse de l’administration fiscale ne vous satisfait toujours pas, vous ne pouvez pas demander de nouvel examen. En revanche, vous pouvez contester ce second avis défavorable auprès du tribunal administratif si cet avis a des conséquences notables autres que fiscales. Tel est le cas, par exemple, lorsque le refus d’autorisation de délivrance de reçus fiscaux impacte fortement les ressources privées de l’association, l’empêchant de mener à bien ses projets.

Important : en théorie, vous n’êtes pas tenu de suivre la position de l’administration fiscale. Mais en ne suivant pas ses recommandations, vous prenez le risque de vous exposer à un redressement en cas de contrôle. Attention donc à l’effet pervers du rescrit !

Article du 07/04/2021 - © Copyright Les Echos Publishing - 2021

haut de page




Archives...
 FISCAL > IMPÔT SUR LE REVENU

Crédit d’impôt rénovation énergétique des locaux des PME
15/10/2021
Comment réduire le montant de votre IFI ?
17/09/2021
Transmission d’une PME et exonération des plus-values
02/07/2021
Exonération des plus-values en cas de départ en retraite de l’exploitant
04/06/2021
Comment bien déclarer vos revenus 2020 ?
30/04/2021
Comment réduire le montant de votre impôt sur le revenu ?
09/04/2021
Le rescrit fiscal pour les associations
07/04/2021
Exonération des plus-values des TPE
26/03/2021
L’imposition des ventes en ligne de biens de seconde main
19/02/2021
Assurance-vie : comment un rachat est-il imposé ?
25/11/2020
La gestion fiscale des déficits (entreprises à l’impôt sur le revenu)
04/09/2020
Pensez à vérifier votre avis d’impôt sur le revenu 2020 !
17/07/2020
Comment déclarer vos revenus 2019 ?
13/03/2020
Comment payer moins d’impôt sur le revenu
03/05/2019
Transmission d’une société : les points clés du pacte Dutreil
15/02/2019
12 questions sur le prélèvement à la source
11/01/2019
L’impôt à la source du chef d’entreprise
16/11/2018
2018, année blanche pour les dirigeants ?
07/09/2018
Comment bien déclarer ses revenus 2017 ?
20/04/2018
Redevance TV des professionnels
16/03/2018
L’option des sociétés pour l’impôt sur le revenu
05/01/2018
Les prescriptions fiscales du 31 décembre 2017
01/12/2017
La perquisition fiscale dans l’entreprise
07/04/2017
Exonération des plus-values des TPE
07/10/2016
Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu
20/05/2016
L’imposition des plus-values immobilières des entreprises
01/04/2016
Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital
12/02/2016
Les locations meublées : quelle fiscalité ?
19/06/2015
Comment bien déclarer ses revenus 2014 ?
17/04/2015
Utilisation des barèmes kilométriques
20/03/2015
Régimes simplifiés d’imposition TVA et BIC
13/02/2015
Les nouveautés fiscales de la rentrée
17/10/2014
Transmission d’une entreprise individuelle : les points clés du pacte Dutreil
13/11/2013
La taxe d’apprentissage
28/08/2013
La taxe locale sur la publicité extérieure
26/06/2013
Déduction des frais d’acquisition de titres des dirigeants
19/12/2012
L’enregistrement des cessions d’entreprise
12/12/2012
L’imposition des plus-values professionnelles
01/08/2012
La fiscalité des oeuvres d’art, de collection ou d’antiquité
03/02/2012
Les bois et forêts
09/12/2011




© 2009-2021 - Les Echos Publishing - mentions légales et RGPD